A voir:
le cv de Lloyd Kaufman. (en anglais)
interview de Lloyd Kaufman. (en français réalisé par email avec Lloyd Kaufman)
All I need to know about filmmaking I learned from the Toxic Avenger. 1er chapître en français. (cliquez avec le bouton droit puis faîtes "enregistrer la cible sous")
"Dans "Atomic College", il y a une scène dans laquelle les lycéens chantent l’hymne national avant un cours (…) cela me fait horreur." (Lloyd Kaufman, président et fondateur de TROMA).
En 1970, le jeune Lloyd Kaufman travaille à Hollywood en tant qu’assistant à la production sur les films de John G. Avildsen, le futur réalisateur de "Rocky" (dans lequel il joue d'ailleurs un alcoolique). Il se lance dans la réalisation avec "The battle of Love’s return" en 1971, dont il assure également le scénario, le rôle principal et la musique. Son premier film pose déjà les bases corrosives et décalées de ce que sera sa future société de production TROMA : l’histoire est celle d’un homme qui tente de s’insérer dans la société en faisant le bien autour de lui mais qui se voit sans cesse injustement accusé d’agression.
Lloyd Kaufman fonde ensuite MELODY PICTURES, une société avec laquelle il distribue ses propres films, des productions pornos softs aux titres évocateurs : "Nymphoteens" , "My sex rated Life". Suivent des comédies basées sur des faits divers tragiques :"Squeeze Play", "Waitress", considérés comme les premiers vrais films TROMA. La plupart sont réalisés par Lloyd Kaufman et son ami d’enfance, Michael Herz.
Ainsi, à la fin des années 70, le soleil se lève sur Tromaville, une petite bourgade sympathique peuplée de punks dégénérés, de bimbos dénudées et où de gentils étudiants se transforment en mutants baveux sous l’action de déchets radioactifs. Ajoutez à cela, sans grande cohérence, des têtes arrachées, du sexe, un peu de science-fiction, beaucoup d’humour potache et vous aurez TROMA, la nouvelle société de production fondée par Lloyd Kaufman.
TROMA, ce sont des films et un univers qui ne ressemblent à rien d’autre, un espace de liberté anarchisant et irrévérencieux où l’on ne respecte rien ni personne : une peinture gore de l’Amérique d’aujourd’hui. Les titres des films parlent d’eux-mêmes : "Atomic College", "Troméo et Juliette", "Killer Condom", "Surf Nazis Must Die" et bien sûr "Toxic Avenger" (super héros Trash devenu en 1985 l’emblème de la société) qui met en scène Melvin, un concierge laid et ridicule, qui à la suite d’un séjour prolongé dans un baril de déchets toxiques se transforme en grand monstre vert à la puissance physique décuplée.
Malgré des débuts difficiles, TROMA réussit à s’imposer sur le long terme au sein du cinéma indépendant américain comme un OVNI incontournable, en réussissant à rebondir sans cesse sur l’actualité: ils réalisent ainsi "Atomic College" en pleine psychose Tchernobyl ou sortent "Tromeo et juliette" en 1996, au moment de la version new look avec Leonardo Di Caprio "Romeo + Juliette".
Anti-superhéros, anti-hollywood, anti-bon goût, les films TROMA participent d’une contre-culture dont beaucoup de réalisateurs actuels sont les enfants naturels : Kevin Smith, le réalisateur de "Clerks" et du blasphématoire "Dogma", Peter Jackson, qui réalise actuellement "Le Seigneur des anneaux" et qui a commencé sa carrière avec le très gore "Bad Taste", Mike Judge, le créateur de "Beavis et Butthead", et bien-sûr Trey Parker et Matt Stone, les créateurs de "South Park" qui ont d’ailleurs débuté dans l'écurie TROMA en réalisant "Cannibal ! The Musical", une comédie musicale sur le cannibalisme chez les mineurs dans l’Oklahoma…
L’actualité de TROMA c’est leur show à Cannes ! Comme chaque année, du 10 au 21 mai, le Toxic Avenger, Sergent Kabukiman et Killer Condom, un préservatif géant aux dents de requin, débarquent sur la croisette menés par le toujours pimpant Lloyd Kaufman.
Article lu sur Canalplus.fr dans une section relative au festival de Cannes
2001.